Le café est probablement l'une des boissons les plus étudiées au monde.
Pendant longtemps, il a surtout été associé à ses effets stimulants et à certaines inquiétudes concernant la tension artérielle, le cœur ou le sommeil. Depuis plusieurs années, l'accumulation d'études épidémiologiques et de méta-analyses a cependant fait apparaître un tableau beaucoup plus favorable.
Le café est aujourd'hui associé à un risque plus faible de plusieurs maladies chroniques, notamment le diabète de type 2, certaines maladies du foie, plusieurs maladies cardiovasculaires et la maladie de Parkinson.
Mais une distinction essentielle doit être faite :
une association observée dans des études de population ne prouve pas que le café est directement responsable de la réduction du risque.
Les personnes qui boivent du café diffèrent également par leur alimentation, leur activité physique, leur tabagisme, leur niveau socio-économique et de nombreux autres facteurs.
Les essais cliniques permettent de mieux étudier certains effets à court terme, mais ils ne peuvent généralement pas déterminer si boire du café pendant plusieurs décennies prolonge réellement la durée de vie.
Le café est donc un excellent exemple d'aliment pour lequel les résultats sont globalement favorables, mais dont les mécanismes et les effets à long terme doivent être interprétés avec prudence.
Grade global : Grade A
Le café consommé en quantité modérée est globalement associé à un profil de santé favorable. Les données sont particulièrement intéressantes concernant la mortalité toutes causes, le diabète de type 2, certaines maladies cardiovasculaires, les maladies du foie et la maladie de Parkinson. Cependant, plusieurs de ces associations reposent principalement sur des études observationnelles et ne permettent pas d'affirmer que le café prolonge directement la vie.
Comment sont attribués les grades ?
L'objectif n'est pas de déterminer si un aliment est simplement « bon » ou « mauvais ».
Les grades évaluent la solidité des preuves scientifiques concernant un effet précis.
Nous accordons davantage de poids :
- aux essais cliniques randomisés ;
- aux méta-analyses d'essais randomisés ;
- aux revues systématiques ;
- aux grandes cohortes prospectives ;
- aux résultats reproduits dans différentes populations.
Les études animales, cellulaires ou mécanistiques peuvent apporter des informations intéressantes, mais elles ne permettent pas à elles seules d'établir un bénéfice chez l'être humain.
| Niveau | Signification |
|---|---|
| Grade A | Preuves solides et concordantes |
| Grade B | Preuves modérées et globalement cohérentes |
| Grade C | Preuves limitées, hétérogènes ou principalement observationnelles |
| Grade D | Preuves insuffisantes ou très incertaines |
Mortalité toutes causes — Grade A
La relation entre consommation de café et mortalité est l'un des résultats les plus régulièrement retrouvés dans la littérature nutritionnelle.
Une vaste revue parapluie publiée dans le BMJ a analysé 201 méta-analyses d'études observationnelles représentant 67 critères de santé différents.
Pour la mortalité toutes causes, la consommation de 3 à 4 tasses par jour était associée à un risque relatif de mortalité inférieur d'environ 17 % par rapport à l'absence de consommation.
La même revue retrouvait également une association favorable avec la mortalité cardiovasculaire.
Il faut cependant interpréter ces chiffres correctement.
Cette analyse regroupe principalement des études observationnelles. Elle montre donc que les consommateurs de café ont tendance à présenter une mortalité plus faible, mais elle ne permet pas d'affirmer que boire du café réduit directement la mortalité.
Des facteurs de confusion peuvent subsister malgré les ajustements statistiques.
Le résultat est néanmoins suffisamment cohérent pour considérer le café comme une boisson globalement compatible avec une bonne santé à long terme.
Conclusion : association favorable et relativement cohérente avec une mortalité plus faible, mais causalité non démontrée.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29167102/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28826374/
Maladies cardiovasculaires — Grade A
Le café a longtemps été considéré comme potentiellement mauvais pour le cœur, principalement en raison des effets aigus de la caféine sur la pression artérielle et le rythme cardiaque.
Les données à long terme sont cependant globalement plus rassurantes, avec toutefois une nuance à ne pas passer sous silence.
La grande revue parapluie du BMJ retrouvait une association entre consommation de café et diminution du risque de maladie cardiovasculaire, avec un effet maximal autour de 3 à 4 tasses par jour.
Une méta-analyse actualisée publiée en 2026, portant sur 38 études et près de 2,86 millions de participants, donne un tableau plus contrasté selon l'événement cardiovasculaire étudié : pas d'association significative avec la maladie coronarienne globale ni l'insuffisance cardiaque, une association favorable avec l'AVC et les troubles du rythme — mais une association défavorable avec l'infarctus du myocarde (risque environ 48 % plus élevé chez les gros consommateurs). Les auteurs soulignent la forte hétérogénéité des études incluses et la nature principalement observationnelle des données, ce qui limite la portée de chacun de ces résultats pris isolément.
Il faut également distinguer les effets aigus de la caféine des effets chroniques de la consommation de café.
La caféine peut provoquer une augmentation transitoire de la pression artérielle. Mais les méta-analyses d'essais cliniques ne montrent pas nécessairement une augmentation durable de la pression artérielle avec la consommation habituelle de café.
Une méta-analyse d'essais randomisés a retrouvé une augmentation très faible de la pression artérielle avec le café, alors qu'une méta-analyse combinant essais et cohortes n'a pas trouvé d'effet significatif sur la pression artérielle chronique ou le développement de l'hypertension.
Conclusion : les données sont globalement rassurantes sur plusieurs critères cardiovasculaires, mais pas uniformément — une méta-analyse récente et large trouve un signal défavorable spécifiquement sur le risque d'infarctus, à prendre en compte plutôt qu'à ignorer, même si le niveau de preuve reste principalement observationnel.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42098622/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29167102/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15834273/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23032138/
Diabète de type 2 — Grade A
C'est l'un des domaines dans lesquels les résultats sont particulièrement cohérents.
De nombreuses cohortes prospectives montrent qu'une consommation plus importante de café est associée à un risque plus faible de développer un diabète de type 2.
Une méta-analyse portant sur 28 études prospectives et plus de 1,1 million de participants a observé une association inverse entre consommation de café et incidence du diabète.
Dans cette analyse, chaque tasse supplémentaire était associée à une diminution supplémentaire du risque.
Un point particulièrement intéressant est que le café décaféiné présentait également une association favorable.
Cela suggère que la relation ne peut probablement pas être expliquée uniquement par la caféine.
Une autre méta-analyse portant sur 30 études prospectives et plus de 1,18 million de participants retrouvait également une association inverse importante entre consommation de café et risque de diabète de type 2.
Il faut toutefois rester prudent :
aucun essai clinique de plusieurs décennies ne démontre que boire du café empêche le diabète.
Les mécanismes proposés incluent notamment des effets sur la sensibilité à l'insuline, le métabolisme du glucose et certains composés bioactifs du café.
Mais ces mécanismes ne prouvent pas à eux seuls un effet préventif.
Conclusion : association particulièrement cohérente avec un risque plus faible de diabète de type 2, mais principalement fondée sur des études observationnelles.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24459154/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29590460/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24150256/
Cancer — Grade B
Le café a fait l'objet d'un très grand nombre d'études concernant différents cancers.
Une revue parapluie de 28 méta-analyses portant sur 26 localisations cancéreuses a retrouvé plusieurs associations favorables.
Les résultats les plus convaincants concernaient notamment :
- le cancer du foie ;
- le cancer de l'endomètre.
L'analyse retrouvait également des associations favorables pour plusieurs autres cancers, mais avec des niveaux de preuve plus variables.
Pour le cancer du foie, les données sont particulièrement intéressantes.
Une méta-analyse portant sur plus de 2,2 millions de participants a observé qu'une augmentation de deux tasses de café par jour était associée à une réduction d'environ 35 % du risque de carcinome hépatocellulaire.
Cependant, les auteurs ont classé la qualité globale des preuves comme très faible, principalement parce qu'il n'existe pas d'essais randomisés permettant d'établir une causalité.
Il est donc incorrect de dire :
« Le café protège contre le cancer. »
La formulation scientifiquement plus correcte est :
« La consommation de café est associée à un risque plus faible de certains cancers, en particulier du cancer du foie et de l'endomètre. »
Cette distinction est essentielle.
Conclusion : données intéressantes et particulièrement favorables pour certains cancers, mais impossibilité de conclure que le café prévient directement le cancer.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32024485/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28490552/
Santé du foie — Grade A
Le foie est probablement l'un des domaines dans lesquels le café présente le profil le plus intéressant.
De nombreuses études associent sa consommation à une diminution du risque de fibrose, de cirrhose et de cancer du foie.
Une méta-analyse de 16 études a notamment observé une diminution du risque de cirrhose chez les consommateurs de café.
Une autre méta-analyse portant sur 18 cohortes et plus de 2,2 millions de participants a retrouvé une association inverse entre consommation de café et carcinome hépatocellulaire.
Le bénéfice semble également concerner le café décaféiné, ce qui suggère que certains composés autres que la caféine pourraient jouer un rôle.
Concernant la stéatose hépatique non alcoolique, les données sont plus nuancées.
Une méta-analyse n'a pas retrouvé d'association claire entre consommation de café et incidence ou prévalence de la stéatose, mais retrouvait une association avec un risque plus faible de fibrose hépatique significative.
Une revue systématique récente sur la progression de la stéatose hépatique retrouvait également une association inverse entre consommation de café et sévérité de la fibrose, tout en soulignant l'absence d'essais cliniques et l'hétérogénéité des études.
Conclusion : les données concernant le foie sont particulièrement favorables, mais elles reposent encore largement sur des études observationnelles.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26556483/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28490552/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34578919/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34371891/
Maladie de Parkinson — Grade B
La consommation de café et de caféine est régulièrement associée à un risque plus faible de maladie de Parkinson.
Une méta-analyse de 13 études représentant plus de 900 000 participants a retrouvé une relation non linéaire entre consommation de café et risque de Parkinson.
L'association la plus favorable apparaissait autour de trois tasses par jour.
Une autre méta-analyse portant spécifiquement sur la caféine retrouvait également une association inverse avec le risque de maladie de Parkinson.
Ces résultats sont biologiquement plausibles, notamment parce que la caféine agit sur les récepteurs de l'adénosine dans le système nerveux central.
Mais là encore, une association épidémiologique ne constitue pas une preuve de prévention.
Il est impossible de recommander le café comme traitement ou comme moyen établi de prévenir la maladie de Parkinson.
Conclusion : association favorable relativement cohérente, mais absence de preuve clinique permettant de considérer le café comme un moyen préventif établi.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23879665/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20182023/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27058967/
Performance sportive — Grade A
Le café est également intéressant pour les personnes pratiquant une activité physique.
Cet effet est principalement attribué à la caféine.
Une vaste revue parapluie de 21 méta-analyses a conclu que la caféine améliore plusieurs formes de performance :
- endurance aérobie ;
- force musculaire ;
- endurance musculaire ;
- puissance ;
- performances de saut ;
- vitesse d'exercice.
La qualité des preuves était généralement modérée pour l'endurance et certaines performances musculaires.
Les données plus récentes vont dans le même sens.
Une méta-analyse publiée en 2026 portant sur 48 études et 689 participants a retrouvé une amélioration des performances d'endurance avec des doses faibles à modérées de caféine.
Les doses faibles, autour de 1,3 à 3 mg/kg, produisaient déjà un effet mesurable.
Une autre méta-analyse publiée en 2025 a retrouvé une amélioration de la vitesse de mouvement et de la puissance lors d'exercices de résistance.
Il faut cependant distinguer le café comme boisson de la caféine utilisée comme aide ergogène.
La quantité de caféine varie fortement selon le type de café, sa préparation et son volume.
Conclusion : la caféine améliore réellement certaines performances physiques, particulièrement l'endurance. Le café peut constituer une source pratique de caféine, mais son dosage est moins précis qu'avec un complément standardisé.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30926628/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42356375/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41127092/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29876876/
Sommeil — Grade C
Le principal inconvénient du café est probablement beaucoup plus banal : il peut perturber le sommeil.
La caféine bloque les récepteurs de l'adénosine, un mécanisme qui contribue à maintenir l'éveil.
La sensibilité varie fortement d'une personne à l'autre.
L'EFSA indique qu'une dose individuelle de 100 mg peut déjà modifier la durée et les caractéristiques du sommeil chez certaines personnes, particulièrement lorsqu'elle est consommée près du coucher.
Il ne faut donc pas simplement considérer la quantité totale de café consommée dans la journée.
L'heure de consommation est également importante.
Une personne qui boit trois cafés le matin peut avoir une expérience très différente d'une personne qui consomme la même quantité dans l'après-midi ou le soir.
Les personnes sensibles à la caféine peuvent également ressentir :
- nervosité ;
- agitation ;
- difficultés d'endormissement ;
- sommeil moins réparateur ;
- palpitations.
Conclusion : le café n'est pas intrinsèquement mauvais pour le sommeil, mais la caféine peut clairement le perturber chez certaines personnes, surtout lorsqu'elle est consommée tard.
Source
https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
Pression artérielle — Grade B
La caféine peut provoquer une augmentation transitoire de la pression artérielle.
Cet effet est particulièrement visible chez les personnes qui consomment peu de caféine.
Cependant, les effets de la consommation chronique de café sont beaucoup moins importants.
Une méta-analyse d'essais randomisés a observé une augmentation moyenne d'environ 2 mmHg de la pression systolique lorsque café et caféine étaient regroupés.
Lorsque le café était analysé séparément, l'augmentation était beaucoup plus faible.
Une autre revue systématique et méta-analyse n'a pas retrouvé d'effet significatif de la consommation chronique de café sur la pression artérielle ou le développement d'une hypertension.
Le phénomène semble donc être davantage un effet aigu de la caféine qu'une conséquence nécessairement durable de la consommation habituelle de café.
Conclusion : augmentation transitoire possible de la pression artérielle, mais absence de preuve solide d'une augmentation durable du risque d'hypertension avec une consommation habituelle modérée.
Sources
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15834273/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23032138/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/37447390/
Café, inflammation et antioxydants
Le café contient plusieurs centaines de composés chimiques, dont des polyphénols et d'autres molécules bioactives.
Il possède une activité antioxydante mesurable et certains de ses composés peuvent influencer différentes voies métaboliques.
Ces propriétés sont souvent utilisées pour expliquer ses associations avec le diabète, le foie, les maladies cardiovasculaires ou certains cancers.
Mais il faut rester prudent : une propriété antioxydante observée en laboratoire ne constitue pas une preuve de prévention d'une maladie chez l'être humain. Les bénéfices observés dans les études humaines, détaillés dans les sections précédentes, sont beaucoup plus importants pour déterminer l'intérêt réel du café que les mécanismes biochimiques théoriques.
Conclusion : le café contient de nombreux composés bioactifs, mais les effets cliniques ne doivent pas être déduits uniquement de leurs propriétés biologiques — ce point n'est pas noté avec un grade, faute d'étude dédiée isolant cet effet.
Café décaféiné : est-il aussi intéressant ?
Les données disponibles suggèrent que certains bénéfices associés au café ne dépendent pas uniquement de la caféine.
C'est particulièrement visible dans les études sur le diabète de type 2 et certaines maladies du foie.
Le café décaféiné conserve en effet une grande partie des composés non caféinés du café.
Cela suggère que :
les effets du café ne peuvent pas être réduits à la seule caféine.
En revanche, lorsqu'on cherche spécifiquement un effet stimulant ou ergogène sur les performances sportives, c'est bien la caféine qui joue le rôle principal.
Le choix entre café classique et décaféiné dépend donc largement de l'objectif.
Café, sucre et calories
Il faut également distinguer le café de la boisson à base de café.
Un café noir sans sucre contient très peu de calories.
À l'inverse, certaines préparations peuvent contenir :
- beaucoup de sucre ;
- sirops ;
- crème ;
- lait en quantité importante ;
- boissons végétales sucrées.
Les données épidémiologiques sur le café ne doivent donc pas être automatiquement extrapolées aux boissons très sucrées à base de café.
Pour les objectifs de santé métabolique et de contrôle du poids, le café noir ou peu sucré est le choix le plus simple.
Combien de café boire ?
Il n'existe pas de quantité universelle optimale.
Les études observationnelles retrouvent souvent les associations les plus favorables autour de 3 à 4 tasses par jour, mais cela ne signifie pas qu'il faut boire 3 ou 4 cafés quotidiennement pour obtenir un bénéfice.
Les quantités de caféine varient considérablement selon :
- le type de café ;
- la quantité de café utilisée ;
- la méthode d'extraction ;
- la taille de la tasse ;
- la torréfaction.
Il est donc préférable de raisonner également en milligrammes de caféine.
L'EFSA considère que chez l'adulte sain :
- jusqu'à 200 mg de caféine en une seule prise ne soulève généralement pas de problème de sécurité ;
- jusqu'à 400 mg par jour, toutes sources confondues, ne soulève généralement pas de problème de sécurité ;
- chez la femme enceinte, la limite de prudence est de 200 mg par jour.
Ces valeurs sont des repères de sécurité et non des objectifs de consommation.
Une personne qui dort mal avec 150 mg de caféine dans l'après-midi n'a évidemment aucun intérêt à atteindre 400 mg simplement parce que cette quantité est considérée comme sûre pour la population générale.
Source
https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
Précautions et consommation
La majorité des adultes en bonne santé peut consommer du café sans problème particulier dans des quantités modérées.
Cependant, certaines personnes sont beaucoup plus sensibles à la caféine.
Une consommation importante peut provoquer :
- nervosité ;
- anxiété ;
- tremblements ;
- palpitations ;
- troubles digestifs ;
- perturbation du sommeil ;
- maux de tête chez certaines personnes.
La consommation doit également être adaptée pendant la grossesse.
Les données observationnelles associent la consommation importante de caféine pendant la grossesse à plusieurs effets défavorables, notamment un risque accru de perte de grossesse et de faible poids de naissance. Ces résultats restent soumis aux limites des études observationnelles, mais justifient une approche prudente.
L'EFSA considère qu'une consommation jusqu'à 200 mg de caféine par jour provenant de toutes les sources ne soulève pas de problème de sécurité pour le fœtus.
Les personnes présentant certaines pathologies cardiovasculaires, une forte sensibilité à la caféine ou des troubles importants du sommeil peuvent également avoir intérêt à réduire leur consommation.
Le café n'a donc pas besoin d'être supprimé par principe : la quantité et la sensibilité individuelle sont les principaux éléments à prendre en compte.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale, un diagnostic ou un traitement personnalisé.
Sources
https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25179792/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26329421/
Ce qu'il faut retenir
| Effet | Grade | Niveau de preuve |
|---|---|---|
| Mortalité toutes causes | Grade A | Association favorable très cohérente, mais principalement observationnelle |
| Maladies cardiovasculaires | Grade A | Données globalement favorables |
| Diabète de type 2 | Grade A | Association inverse très reproductible |
| Santé du foie | Grade A | Nombreuses associations favorables, notamment pour la fibrose et la cirrhose |
| Performance sportive | Grade A | Effet ergogène de la caféine bien documenté |
| Maladie de Parkinson | Grade B | Association favorable relativement cohérente |
| Cancer | Grade B | Effets favorables pour certains cancers, mais niveaux de preuve variables |
| Hypertension | Grade B | Effet aigu possible, pas d'augmentation chronique clairement démontrée |
| Sommeil | Grade C | La caféine peut perturber le sommeil, surtout chez les personnes sensibles |
| Inflammation / antioxydants | Grade C | Mécanismes biologiques intéressants, mais bénéfice clinique direct difficile à isoler |
| Longévité | Grade A | Association favorable avec la mortalité, mais causalité non démontrée |
Conclusion et recommandations
Le café est-il bon pour la santé ?
Les données disponibles donnent aujourd'hui une image plutôt favorable du café.
Contrairement à l'idée ancienne selon laquelle il faudrait limiter le café pour protéger son cœur, les grandes études épidémiologiques montrent globalement une association entre consommation modérée et risque plus faible de plusieurs maladies chroniques.
Les résultats sont particulièrement intéressants pour :
- le diabète de type 2 ;
- les maladies cardiovasculaires ;
- les maladies du foie ;
- la maladie de Parkinson ;
- et la mortalité toutes causes.
Mais il faut conserver une distinction essentielle :
le café est associé à une meilleure santé dans de nombreuses études ; cela ne signifie pas que le café est démontré comme une cause directe de cette meilleure santé.
Les personnes qui boivent du café peuvent avoir d'autres caractéristiques favorables.
Les essais cliniques permettent de confirmer certains effets, notamment l'effet de la caféine sur les performances sportives, mais ils ne permettent pas encore de démontrer que boire du café pendant des décennies prolonge directement la vie.
Notre verdict
⭐⭐⭐⭐⭐
Le café fait partie des boissons pour lesquelles les données scientifiques sont globalement très rassurantes, voire favorables.
Une consommation modérée de café peut parfaitement s'intégrer dans une alimentation saine.
Les associations les plus intéressantes concernent notamment le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, la santé du foie, Parkinson et la mortalité.
Cependant, il ne faut pas transformer ces résultats en prescription.
Il n'est pas nécessaire de commencer à boire du café si l'on n'en consomme pas.
Et pour une personne qui apprécie le café, il n'existe actuellement aucune raison scientifique générale de l'éviter simplement par peur qu'il soit mauvais pour la santé.
Le principal compromis concerne surtout la caféine et ses effets individuels, notamment sur le sommeil.
Comment consommer le café ?
Privilégier le café peu sucré
Le café noir ou peu sucré permet de bénéficier de la boisson sans ajouter beaucoup de calories.
Adapter l'horaire
Si le sommeil est sensible à la caféine, il est préférable de réserver le café au matin et au début de l'après-midi.
Ne pas chercher à atteindre une dose précise
Les études retrouvent souvent les associations les plus favorables autour de 3 à 4 tasses par jour, mais cela ne constitue pas une recommandation individuelle.
Plus n'est pas nécessairement mieux.
Pour le sport
La caféine peut améliorer les performances d'endurance et certaines performances de force et de puissance.
Une dose de l'ordre de 1,3 à 3 mg/kg peut déjà être efficace, tandis que les études sportives utilisent souvent des doses de 3 à 6 mg/kg.
Il n'est toutefois pas nécessaire d'utiliser des doses élevées pour obtenir un effet.
Chez une personne de 80 kg, 3 mg/kg correspondent à environ 240 mg de caféine.
La quantité réellement présente dans une tasse de café étant très variable, il faut éviter de convertir mécaniquement « une tasse » en une dose fixe de caféine.
Références scientifiques
Santé globale et mortalité
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29167102/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28826374/
Maladies cardiovasculaires
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42098622/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/15834273/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23032138/
Diabète de type 2
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24459154/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29590460/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24150256/
Cancer
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32024485/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28490552/
Foie
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26556483/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28490552/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34578919/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34371891/
Parkinson
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/23879665/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20182023/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/27058967/
Sport et performance
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30926628/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42356375/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41127092/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29876876/
Caféine, sécurité et grossesse
https://www.efsa.europa.eu/fr/topics/topic/caffeine
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25179792/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26329421/